Par : Webmaster
Publié : 1er février 2013

Troisième soirée libre expression : La réforme des rythmes scolaires.

 

 

Rythmes scolaires : Compte-rendu de la soirée libre expression (1ère partie)
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Martine Lignières-Cassou, Députée des Pyrénées-Atlantiques, Frédérique Espagnac, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, les sections du parti socialiste de Lons et Lescar ont organisé le 22 février dernier une réunion publique relative à la réforme des rythmes scolaires qui s’est tenue à la Villa des Sept Moulins à Lescar.
Enseignants, parents, citoyens et associations ont échangé avec Françoise CARTRON, Sénatrice de la Gironde et Vice-Présidente de la Commission éducation au Sénat et Marianne BAUDON-FORGUE, psychologue clinicienne.
 
Valérie Revel et Eric Bourdet, secrétaires des sections du Parti Socialiste de Lons et Lescar présentent les intervenantes et rappellent que cette réunion d’’information et d’échanges s’inscrit au cœur de l’actualité.
 
Martine Lignières-Cassou : La réforme des rythmes scolaires est avant tout la réforme des temps de l’enfant car elle place celui-ci au cœur du projet. Françoise CARTRON était venue à Lescar lors de la campagne des élections législatives. Comme convenu à ce moment-là, elle est présente ce soir car la jeunesse et l’école sont au cœur de ce quinquennat. Ce sont des priorités pour François Hollande.
 
L’école a une place centrale dans la République en tant que lieu de savoir, c’est un instrument de la promesse républicaine.
 
La concertation pour la refondation de l’école a été initiée dès juillet 2012 par Vincent PEILLON, Ministre de l’Education Nationale. Le premier constat largement partagé lors de cette concertation, a été que les résultats sont loin d’être à la hauteur des promesses de la République : les inégalités sociales, territoriales se sont accrues.
 
Ce dont nous allons débattre à l’Assemblée nationale et au Sénat refait de l’école maternelle et primaire une priorité : scolarisation des moins de trois ans, plus de maîtres que de classes, mise sur pied la formation des maîtres, refonte des programmes très lourds, évolution des pédagogies, tout cela dans l’intérêt de l’enfant.
 
On a comparé les résultats des jeunes français avec ceux des autres enfants des états membres de l’OCDE. Il apparaît qu’ils travaillent 144 jours contre 180 dans les autres pays. Ces rythmes ont été jugés préjudiciables c’est pourquoi la réforme des temps de l’enfant a été pensée pour la réussite des élèves. Les collectivités locales vont ainsi s’emparer de la question de l’éducation, via l’adjoint ad hoc et tous ceux qui participent au temps périscolaire (parents, ATSEM, acteurs de l’éducation populaire) vont concourir à la réussite éducative.
 
Frédérique ESPAGNAC, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques rend Hommage à sa collègue Françoise CARTRON très active sur ces questions qui n’hésite pas à mobiliser les parlementaires en les bousculant. Elle souligne que Françoise CARTRON s’est penchée depuis très longtemps sur la question de la scolarisation des enfants de moins de trois ans.
 
Françoise CARTRON propose de ne pas se focaliser sur la réforme des rythmes scolaires sans la replacer dans la philosophie de la refondation de l’école. François HOLLANDE a placé la jeunesse au cœur de son projet car il a identifié une jeunesse en souffrance à laquelle on n’offre pas un avenir sécurisant. On a également regardé les tests d’évaluation, qui sont des outils qui servent à mesurer le niveau des élèves français par rapport aux autres enfants de l’OCDE.
Nous sommes très mal placés en compréhension de la langue et de l’écrit. Les élèves issus des milieux défavorisés réussissent moins bien. L’ascenseur social est en panne. Les élèves français reculent dans trois domaines : l’écrit, la lecture et les mathématiques.
 
Sans calquer un modèle sur un autre, on a regardé la réforme menée sur 15 ans en Finlande et aux Pays Bas. Pour avoir une Education Nationale dans laquelle tous les enfants réussissent, il faut une formation des enseignants optimale. Or, le Gouvernement précédent a supprimé la formation au profit d’un diplôme universitaire. En Finlande, priorité a été donnée à l’école primaire. Le temps scolaire y est également différent : 180 jours de classe avec des programmes moins lourds et moins ambitieux. Les élèves français doivent assimiler plus de choses en moins de jours. Ailleurs, les enfants vont en classe sur 5 ou 6 jours (4h30 à 5h/jour) contre 4 jours pour les français (6h/jour). C’est un système néfaste car la concentration n’est pas extensible.
 
La concertation sur l’école s’est déroulée en trois mois avec des enseignants, des parents et les collectivités réunis en atelier. La synthèse a été remise par Vincent PEILLON à François HOLLANDE en octobre 2012. Dans cette synthèse, une « anomalie » faisait consensus : les rythmes scolaires.
 
Le projet de loi de refondation de l’école a été pensé à partir de cette concertation :
 
Priorité à l’école maternelle et primaire (dans l’académie de Bordeaux, 35% des moins de 3 ans étaient scolarisés il y a 10 ans contre à peine 10% aujourd’hui. Priorité également pour les enfants issus de quartiers défavorisés ou de territoires ruraux. En Seine-Saint-Denis, seuls 2% des moins de trois ans sont scolarisés or, il faut un capital de mots suffisant pour déchiffrer et comprendre l’écrit. Cela s’acquiert dès l’école maternelle. Parmi les 60 000 postes qui seront créés, priorité sera donnée aux enseignants de maternelle.
 
Plus de maîtres que de classes, comme en Finlande : un maître supplémentaire avec une spécialité (RASED) peut épauler l’enfant pour éviter les situations d’échec ; révision des programmes avec le conseil supérieur des programmes, pour les « toiletter ».
 
Dès septembre 2013, remettre en place la formation des enseignants, via les écoles supérieures du professorat. Des amendements sur les contenus de ces formations seront proposés pour mettre l’accent sur la professionnalisation. C’est un métier difficile, exigeant et ambitieux, on mérite d’y être formé.
 
Rénovation de l’éducation : encourager et stimuler la créativité de l’enfant, repenser la place du numérique : les enfants qui manipulent l’informatique doivent être critiques pour ne pas devenir dépendants.
 
Lier le passage du CM2 à la 6ème, qui est un moment difficile : limiter en 6ème le nombre de professeurs, mettre en place un socle, bagage commun à tous les enfants pour qu’ils puissent choisir et bâtir un projet.
 
Les parlementaires devront également abonder le volet des lycées professionnels, trop elliptique, le pari étant de se baser sur un socle de connaissances générales afin de préparer les élèves à un métier et à l’insertion professionnelle.
 
La réforme des rythmes scolaires ne figure pas dans le projet de loi. Vincent PEILLON a jugé cette réforme indispensable et l’on ne pouvait pas attendre trop longtemps.
 
Le défi de l’éducation est majeur pour notre société : on a beaucoup souffert ces dernières années et il faut procéder par étapes. Parents, enseignants, collectivités et associations ont un cap commun.

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