Par : Webmaster
Publié : 9 octobre 2017

Aux commerçants pétitionnaires du centre-ville de Pau

Réponse à votre courrier du 30 juin 2017
Par André Duchateau

 Pau, le 23 août 2017

Madame, Monsieur,

J’ai pris connaissance avec intérêt de votre courrier adressé à Monsieur le Maire de Pau au sujet de l’inquiétude grandissante des commerçants de Pau, constatant une sévère érosion des chiffres d’affaires et la croissance continue du nombre de fermetures de magasins en centre-ville.

C’est malheureusement pour moi une confirmation des craintes que nous avions exprimées avec quelques collègues de l’opposition municipale lors d’une conférence de presse, le 18 novembre 2016. J’avais comptabilisé 57 commerces fermés sur un périmètre de cœur de ville qui ne comportait ni bosquet, ni les halles, ni Carnot-foirail.

Nous avions souligné l’urgence de la tenue "d’assises du commerce" pour anticiper l’impact des chantiers à venir et prendre la mesure des défaillances commerciales qui se multipliaient déjà en centre-ville. J’avais demandé le report du stationnement payant à Verdun, à la fin des chantiers des halles et du BHNS. J’ai depuis renouvelé plusieurs fois cette demande en séance du conseil municipal de Pau.

En vain.

Je comprends et souscris pleinement à vos revendications qui me semblent raisonnables et de bon sens, j’ai d’ailleurs signé votre pétition sur « change.org  ». Engagé au service de la ville depuis 1995 auprès d’André Labarrère et Martine Lignières Cassou, j’ai forcément un point de vue sur les causes du rapide déclin du centre-ville qui s’opère sous nos yeux de Palois. Ayant été en congés en juillet, je n’ai pu suivre les suites données à votre démarche mais j’ai pu voir la tonalité des échanges au travers des articles de cette première quinzaine du mois d’août et des forums qui les ont suivis.

 

Trop de surfaces commerciales autour de Pau, c’est une évidence :

Je crois me souvenir que la création de quartier libre s’est décidée avant la création de l’agglomération et donc sans l’assentiment du Maire de Pau, je me souviens par contre parfaitement de la fraîche humeur que lui avait procurée ce dossier.

Il y répondit en autorisant l’extension d’Auchan qui fût réalisée en 2002-2003 pour rééquilibrer l’offre sur l’Est de l’agglomération.

Le centre Leclerc demanda compensation avec insistance, tant et si bien que son extension fût accordée par Martine Lignières Cassou en 2010, sur un dossier qui comportait le premier parking silo (privé) pour notre ville, mais elle s’opposa avec combativité au projet "Oxylane" de Lescar et aux extensions de galeries commerciales de Carrefour et Auchan.

Dans le même temps, de multiples petits ou moyens pôles commerciaux se sont constitués autour de "super U" à Idron et Sauvagnon, "intermarché" à Serres Castet, Lidl, Leader Price et casino à Ousse et Idron, dernièrement la mode des mégas boulangeries de périphérie et brasseries "after work" ont renforcé encore ces phénomènes de polarité commerciale développés sur l’extérieur de Pau, à Lons, Lescar, route de Morlaas etc… On apprend même que l’agglomération de Pau est dans le top 5 National du nombre de fast food, alors que l’unique fast food du centre-ville annonce son départ sur le "bon coin.fr"... Ou presque !

Dans les mêmes quinze années... Le centre-ville fait l’objet de décisions publiques pour sa rénovation, sa réhabilitation, sa restructuration, la création du parking Clémenceau. Le Palais des Pyrénées est rénové et commercialement réinvesti. Les investissements publics sont lourds, les travaux longs impactent l’accessibilité et le cadre du quotidien pour les chalands et les habitants.

Cette temporalité des travaux a été un premier différentiel très marquant pour l’initiative privée entre le cœur de ville et la périphérie. Là où il faut à peine un an pour créer des milliers de m2 d’offres commerciales dans un cadre modernisé et attrayant, il a fallu 6 à 7 ans pour réaménager une partie de cœur de ville.

Cet aspect du problème est et a été la réalité d’une majeure partie des centres-villes français. Pau n’a pas échappé à cette règle

 

Une fiscalité locale excessivement différenciée entre la ville centre et les communes voisines :

Pau est considérée depuis 150 ans comme la locomotive de tous les projets publics, la ville riche qui doit assumer toutes les initiatives majeures de développement économiques et des services. Malgré la création de la communauté d’agglomération, dans les esprits, cette attente reste de mise. Sauf que depuis 40 ans, la répartition des richesses s’est complètement inversée entre les communes. Pau a assumé le développement de l’université, le Zénith, le palais des sports, l’école de musique, le palais Beaumont, l’hippodrome, le stade nautique, le grand prix etc... Seule !

Dans le même temps, les habitants les plus aisés ont construit leurs villas individuelles dans la première couronne venant abonder les ressources fiscales de villes et villages pratiquant des prélèvements fiscaux particulièrement bas puisqu’elles n’avaient pas les niveaux de services et d’équipement à la charge de la grande ville.

En 2008, Martine Lignières Cassou s’engage à ne plus augmenter les taux Palois, comptant sur cette posture pour espérer réduire le différentiel créé dans les 30 années précédentes. Sauf que les Maires des communes voisines (hormis Billère), ont savamment résisté à toute augmentation de leurs taux dans ces 6 années de mandat, trop conscients qu’ils sont des motivations de leurs nouveaux habitants venus s’installer dans leurs communes après quelques années vécues à Pau.

A titre d’illustration, 64,30% des Idronais sont imposables sur le revenu pour un montant moyen de 6 348 € en 2015. 43,68% le sont pour les Palois avec un montant moyen de 3 544 € sur 2015. Le taux de la TH est de 7,92% à Idron quand il est de 22,21% à Pau en 2015.
Il en va du simple au double pour la plupart de toutes les autres communes.

 

La baisse de population en centre-ville et sa paupérisation :

Il faut rappeler ici que la ville de Pau au milieu des années 90 avait déjà subie une baisse de sa population dont les causes étaient partagées entre le vieillissement de l’habitat du centre-ville, la question des disparités fiscales locales et la diminution du nombre d’habitant par foyer fiscal, le développement des familles monoparentales.

En 1999, André Labarrère réagit en engageant un vaste programme de construction de logements sur le cami salié, l’avenue de Buros, les terrains de la ferme Marquezine, les environs du centre Leclerc et de l’école Pierre et Marie Curie .

Cette politique s’avère efficace pour quelques années et la population s’accroit à nouveau jusqu’en 2008. Mais les habitants jeunes de ces nouvelles résidences locatives ne restent pas durablement et aspirent aussi à l’appel des campagnes et de la maison individuelle. Ces nouvelles résidences Paloises ont aussi un effet concurrentiel pour l’habitat du centre-ville, désuet, décalé dans ses normes de confort par rapport aux attentes des habitants. La vacance du centre-ville progresse inexorablement. La taxation du logement vacant décidée au début des années 2000 ne suffit pas à enrayé le phénomène et Martine Lignières Cassou décide d’engager un vaste programme d’accompagnement des propriétaires privés pour la rénovation en profondeur des logements du cœur de ville. Elle crée la SIAB, véritable outil opérationnel d’investissement pour la réhabilitation complète d’immeubles entiers du cœur de ville (immeuble rue Adoue-bd des Pyrénées, rue de la fontaine et rue René fournets au Hédas, engage les opérations de la rue du Moulin, de l’ilot Jean Baptiste Carreau, de la Place Gramont etc...). Parallèlement, des opérations privées sont encouragées place Clémenceau avec "Le Berry" "le monoprix" et l’habitat qui s’y rattache, l’immeuble neuf du boulevard des Pyrénées, l’immeuble Guichenné-Despourrins".

De nombreuses façades sont traitées dans le respect et la valorisation du patrimoine par des accompagnements pouvant aller jusqu’à 50% pour des propriétaires occupants.

Les observateurs attentifs de la baisse démographique Paloise savent que la baisse a été marquée avant et pendant la mise en œuvre de ces opérations 2009-2012. Soit au moment des travaux les plus contraignants des rues du centre-ville. Toutes les opérations précitées n’ont pu donner leurs effets positifs qu’entre 2013 et 2016.

 

Alors vient la question centrale de votre démarche. Pourquoi observe-t-on une nouvelle dégradation de la fréquentation du cœur de ville depuis 2016 ? Comment y remédier ?

Même les irascibles anti socialistes les plus primaires ne peuvent plus désigner Martine Lignières Cassou comme responsable depuis trois ans. L’année 2016 est l’année ou beaucoup de clignotants économiques repassent au vert au niveau National, au vert pâle certes, mais au vert quand même, donc dire que c’est la faute à "Hollande", ça peut leur faire du bien mais c’est juste peu crédible et désormais dépassé.

Il va falloir trouver autre chose !

Dire que tout serait de la faute de Bayrou serait tout aussi primaire et peu constructif mais mon devoir et mon rôle est de pointer les erreurs de son équipe qui pèsent indéniablement sur vos difficultés.

Vos propositions et vous l’avez souligné ne concernent que l’urgence pour stopper l’hémorragie constatée. Pour aller plus loin, il faut à mon avis garder en tête les raisons de fond de l’histoire des trente dernières années, regarder ce qu’il s’est passé depuis trois ans et s’engager durablement, collectivement pour construire la reconquête du cœur de ville.

S’engager pour une pétition, c’est déjà bien. Mais c’est insuffisant. L’un des problèmes des institutions Paloises et Béarnaises réside dans l’état de fait suivant.

Que ce soit à la tête d’instances comme le syndicat mixte du grand Pau, du fameux "Pays de Béarn" et de bien d’autres assemblées... la démocratie fonctionne, elle permet la désignation d’un Président, d’un Bureau. Pour les autres acteurs, l’important est d’en être, ils en sont, représentent leurs communes, leurs instances et finalement ne se déterminent qu’en fonction de leurs intérêts locaux. Surtout éviter toutes contributions financières nouvelles ou au pire la minorer au maximum, laisser le ou la Présidente dérouler les affaires que les services ont travaillé entre deux CA, le laisser parler, présider à satiété, certains se risquent parfois à un commentaire, histoire d’apporter un semblant d’effet de débat démocratique... Et puis voilà ! Je ne dis pas ici que du coup, rien ne se fait. Les initiatives portées par les présidences sont suivies les porteurs individuels de bons projets sont soutenus, ça fonctionne, mais question dynamique collective, question "je m’engage ou j’engage ma collectivité pour un projet commun dans lequel je m’implique pour l’intérêt général du territoire élargi" là, il n’y a plus personne !!!

Je présume qu’il en va un peu des mêmes comportements au sein de la CCI ou de Pau commerce car il n’y a pas de raisons fondamentales que la culture locale de la passivité au sein d’un collectif soit si différente de celle que j’observe à regret.

Tout cela pour dire que vous arriverez à agir utilement et durablement pour vos commerces seulement si vous construisez une énergie collective nouvelle, contagieuse et durable dont notre ville a grandement besoin, une énergie qui sorte de ces fonctionnements désuets ou l’on attend tout du chef qui a été désigné en se préservant du maximum d’implication.

Alors venons-en aux trois dernières années, en reprenant les trois points déterminants pour l’évolution du centre-ville.

Trop de surfaces commerciales autour de Pau.

Depuis trois ans, il y a les discours et les actes.

Les actes sont :

  •  Aucun recours au dossier d’extension de la galerie commerciale de Carrefour Lescar autorisée en janvier 2014 par la commission Nationale contre l’avis négatif de la commission départementale de 2013.
  •   Vote favorable pour un pôle commercial à Pau Bizanos de 10 400 m2 porté par DPG (David Pouyanne groupe) dont un magasin "grand frais" de 2 100 m2.
    "Le plus gros projet commercial depuis 15 ans"... se vantait le Maire de Bizanos le 20 août 2014 se félicitant du vote unanime de la CDAC. "un projet qui va rééquilibrer à l’Est de Pau"... Argument éculé répondant au dossier "Carrefour" qu’il ne fallait pas laisser passer ! Et Alinéa, c’est pour rééquilibrer à l’ouest, Monsieur le Maire ????
  •  Vote de Jean-Paul Brin en 2015 au nom de la ville de Pau, pour le projet ALINÉA de Lons comportant 10 000 m2 de galerie commerciale à côté des 6 000 m2 du magasin de meubles censé concurrencer l’IKÉA de Bayonne...
  •   Vote favorable pour les supermarchés Casino et Leader Price à Idron.
  •  Vente d’une parcelle à DPG et permis de construire pour le restaurant "courte paille" et une méga boulangerie avec "drive", route de Morlaas.
  •  Permis de construire (via DPG encore...) pour Burger King et les deux restaurants près du Leclerc en cours de construction.
  •  Vente à DPG en 2016 d’une zone comprise entre le cami Salié et la rocade ou apparaitront de nouvelles offres commerciales d’ici peu...
  •  Adoption d’une délibération modificative du Plan Local d’Urbanisme (N°6) autorisant la construction "sans limite de surfaces" sur la totalité de l’emprise de la parcelle du centre commercial AUCHAN, en conseil communautaire en janvier 2017.

J’ai évidemment voté contre, suivi par quelques élus Billèrois... Les autres censés m’être politiquement proches ont adopté l’attitude suiviste et passive précédemment évoquée, malgré mes appels à la responsabilité de leurs votes, préférant ainsi préserver leurs petits dossiers locaux en cours en ne contrariant pas le Président Bayrou...

Les élus du centre et de la droite ont évidemment approuvés dans leur totalité cette aberrante modification qui aboutira inexorablement sur la présentation d’un futur projet d’extension de la galerie commerciale AUCHAN dans un des prochains trimestres !!!

Les discours : Depuis quelques mois, on entend Jean-Paul Brin dire que "cette course au développement commercial, c’est de la folie, carrefour à du mal à remplir sa galerie commerciale, même chose à Bayonne autour du centre commercial d’IKÉA..." Oui c’est une folie ... Dont on n’a pas encore vue les dégâts résultant de tout ce qu’il a approuvé et fait approuver sous l’autorité (ou le suivisme aveugle) de son Maire François Bayrou depuis 2014 !

J’ai entendu également du Maire et de son compère la justification de leur décision d’urbanisme pour AUCHAN en janvier 2017 par le fait que nous avons autorisé LECLERC dans le mandat précédent. Cette justification est d’une stupidité rare au vu du contexte commercial actuel mais que voulez-vous, elle émane du Maire de la ville de Pau, donc elle est supposée intelligente.

Et puis il y a les dernières déclarations que vous connaissez suite à votre pétition... No comment ! Tout va très bien pourquoi vous plaignez-vous ?

 

Une fiscalité excessivement différenciée entre la ville centre et les communes voisines.

En 2014, ayant dressé le constat que malgré huit années de stagnation de la fiscalité locale (Yves Uriéta avait baissé un peu en 2007), le différentiel en défaveur de Pau restait trop marquant, nous avons dit aux Palois que nous proposions la poursuite de la stabilité fiscale mais que nous baisserions la fiscalité de la ville de Pau pour augmenter celle de la communauté d’agglomération afin que l’agglomération porte intégralement les politiques dont elle a désormais la charge. Nous nous sommes engagés sur un projet des halles à 16 M€.

François Bayrou a lui promis la baisse de la fiscalité d’un point par an et s’est engagé sur un projet des halles à 15 M€.

Nous avons été battus, il a été élu.

Les premiers débats ont révélés qu’il ne ferait pas 1 point de fiscalité de moins par an mais 1% par rapport au taux de l’année précédente... Ce fût fait en 2014 puis réduit à -0,2% l’an en 2015, 2016 et 2017, soit un effet de -1€ en 2014 pour une contribution moyenne et une absence totale de réduction en euro constant pour les années suivantes compte tenu de l’augmentation annuelle du taux de base.

La taxe locale d’équipement prélevé sur la taxe locale d’habitation a doublé en 2015, passant de 0.117% en 2014 à 0.226% en 2016, soit un effet de +7€ pour une contribution moyenne.

Dans le même temps, une hausse sans précédent de toutes les prestations de services publics a été engagée : stationnement, cantines, transports, terrasses des commerçants, chalets de Noël, accueil périscolaire, piscines, cimetières, aide à domicile, enlèvement des encombrants, etc...

Dans le même temps, de fortes diminutions de subventions à certaines associations ont été appliquées entrainant d’importantes baisses d’activité ou plusieurs cessations d’activité avec les licenciements attenants. Une cinquantaine d’emplois sont concernés. Les diminutions de subventions ont engendré l’augmentation des prix des prestations associatives.

En plus du fait que le chemin de la réduction fiscale ne soit pas engagée à la hauteur de la promesse donnée, les Palois voient toutes les augmentations les toucher. C’est une réelle perte de pouvoir d’achat pour beaucoup d’entre eux et notamment pour les retraités déjà touchés par la non revalorisation des pensions de retraites.

Le projet des halles, complexe de la République et le parking est passé de 15 M€ à 39 M€ au jour d’aujourd’hui, dont une participation imposée aux commerçants de 3 M€, non comprise l’augmentation du prix des loyers qui seront multipliés par deux.

Ceci associé aux annonces de multiples projets d’investissements fait que la réduction de la fiscalité Paloise indispensable à un retour des propriétaires occupants en centre-ville n’est pas pour demain. Quant aux habitants de l’agglomération et du Béarn, la mise en paiement du stationnement de Verdun et d’une quarantaine de rues du centre-ville depuis 18 mois les a à nouveau dissuadés de venir en ville, après une période d’accalmie des travaux en 2014 et 2015 et l’illusoire enthousiasme post électoral d’une nouvelle équipe municipale.

S’ajoute à toutes ces raisons d’une baisse de la chalandise en centre-ville, quelques initiatives  : le transfert d’une centaine d’employés territoriaux du centre-ville vers le site des allées de Morlaas, la "Bunkerisation" de la Mairie devenue assez inaccessible en visite spontanée, la suppression des expositions dans son péristyle, l’externalisation dans quelques quartiers de démarches administratives habituellement faites en Mairie, la création du marché Saragosse le jeudi matin...

Etc !

J’ajoute à ce volet la décision de relèvement des classements de plusieurs immeubles par la commission communale des impôts directs, présidée par l’adjoint aux finances par délégation du Maire, qui a eu pour effet d’augmenter de 10% à 20% les taxes foncières et taxes d’habitation de plusieurs centaines de Palois à l’exemple des copropriétaires de la résidence du Gassion.

 

La baisse de population en centre-ville et sa paupérisation :

Sur ce volet, les politiques très volontaristes d’accompagnement des propriétaires ont été fortement réduites dès 2015.

Une démarche qui pourrait être positive a été engagée : le périmètre du patrimoine sauvegardé qui permet le recours au dispositif "Malraux", très avantageux fiscalement pour les propriétaires investisseurs. Sauf que les premières sélections d’opérations montrent que ce sont des marchands de sommeil bien connus sur la place de Pau qui s’engagent sur des rénovations d’appartements de petites tailles, T1, T2, T3, de piètre qualité avec par exemple, des cloisonnement sur les parties communes réalisés en Placoplatre BA13 ... Et sans stationnement privatif.

La municipalité a décidé dans la modification N°6 du PLU de janvier 2017, de supprimer dans une centaine de rue du centre-ville Palois, l’obligation de rattachement à un stationnement pour un logement pour l’obtention d’un permis de construire.

  •  Avec ces deux seules mesures, on n’est pas prêt de revoir des familles plus ou moins nombreuses s’installer en centre-ville. Quant à la population ciblée, elle sera très majoritairement composée de personnes seules ou de couples sans enfants, ou de familles mono parentales en difficulté, ce qui constitue en fait la continuité dans le changement sociologique opéré depuis les années 70.

Dans les quartiers Palois externes au centre-ville, les permis de construire abondent à tout va. Tout comme à Billère, Lons et Lescar. Le dispositif "PINEL" tourne à plein régime, sans dommage pour les investisseurs pour le moment, bien que Pau soit classée en zone à risque pour la garantie de mise en location des logements neufs.

Sans dommage pour ces investisseurs mais au détriment de certains loueurs du centre-ville qui du coup, commencent à peiner à retrouver des locataires, de par cette multiplication de l’offre.

Le point positif est pour le BTP... Mais gare à l’effet "bulle" dans quelques années.

Alors cette frénésie constructive a évidemment pour principal but d’obtenir une hausse de la population. Sauf qu’elle se fait sur les mêmes bases fragiles que celle décidée en 1999. Elle ne cible pas un habitat qualitatif qui permettrait le retour d’habitants au pouvoir d’achat significatif et la durabilité de leur installation.

Le décalage de la publication des chiffres annuels du recensement de la population étant de trois ans, nous ne saurons qu’en 2020 les données de 2017... Mais l’administration fiscale publie chaque année le nombre de foyers fiscaux. Malheureusement, le nombre de foyers fiscaux a baissé entre 2014 et 2016 à PAU.

Je pourrai continuer à développer de nombreux autres sujets pour étayer encore les multiples causes des difficultés du cœur de ville. Mais ce qui compte aujourd’hui c’est l’urgence.

  •  Oui, il faut obtenir la gratuité de Verdun le samedi jusqu’à ce que le premier parking relais lié au BHNS soit mis en service car il y aurait un message symbolique fort qui serait donné à la périphérie dont les habitants sont très sensibles malgré tout à ce qui se passe à PAU.
  •  Tout à fait d’accord sur la taxe de vacance commerciale, avec même l’idée d’une rétrocession de la taxe dans le cas où un propriétaire contractualiserait un loyer inférieur de plus de 25% au dernier loyer encaissé.
  •  D’accord sur l’heure gratuite jusqu’à la mise en œuvre du BHNS et des parkings relais prévus (2019-2020). (Pour rappel, la piétonisation des centre-ville et le développement des BHNS, tramways et métros ne résultent pas que de stratégies commerciales ou de vue de l’esprit des élus mais d’une réaction à l’augmentation au-delà de l’acceptable pour les experts de l’OMS, des taux de pollution de l’air des villes dans les années 90).
  •  D’accord sur les communications, animations, mais à mon avis le message de l’autorité municipale sur une évolution de sa position sur la gratuité de Verdun le samedi et l’heure gratuite le temps des travaux est primordial vis à vis de la périphérie notamment, dont les habitants ne cachent pas une sorte de vexation à ce qu’ils vivent comme une sanction. "puisque c’est comme ça, je ne viens plus !"
  •  D’accord sur une révision des prix des terrasses ramenées aux prix de 2013.
  •  Je suis plus dubitatif sur l’effet parking du stadium. Il est ouvert au public l’après-midi en semaine, le samedi. Il y a une centaine d’employés en moins depuis un an, réduit de moitié 4 mois sur 12 à cause du grand prix... Le rendre accessible à tous 24h/24 ne changera pas grand chose pour la clientèle. Pour les salariés des commerces surement mais c’est un autre sujet.
  •  Par contre la création d’un volume de stationnement très significatif dans le secteur de la gare était au programme des deux équipes candidates en lien avec l’arrivée du TGV à 4h12 de Paris et du BHNS. Trois ans se sont écoulés. Il serait légitime de demander l’accélération de ce projet.

Au-delà de vos propositions, il me semble que le centre-ville doit s’identifier à quelques thèmes forts dans les années qui viennent pour s’en sortir. Gastronomie, patrimoine, musique, bonne humeur, partage, proximité sont des atouts un peu naturels mais ne sont pas vraiment travaillés collectivement. Une dynamique collective se ressent quand elle existe. Elle est communicative et séduisante. Même monsieur Zimmermann dit qu’il y a eu un très bon samedi début août... Cela faisait suite à votre communication collective !!

Je suis convaincu quil faut agir sur le long terme aussi en exigeant le retrait de la modification d’urbanisme accordée à Auchan ou agir juridiquement pour cela (il se peut qu’un commerçant l’ai fait mais je ne sais pas s’il a mis son intention a exécution).

  •  Agir pour un moratoire sur les grands espaces commerciaux adopté par tous les élus de l’agglomération.
  •  Agir pour que la fiscalité Paloise baisse réellement et significativement.
  •  Agir pour que l’agglomération se dote d’une fiscalité à la hauteur de ses responsabilités et que plus aucun des projets dont elle a la compétence ne soit financé en partie par la ville de Pau au prétexte « qu’elle serait riche  » (dixit F.Bayrou). La ville de Pau n’est riche que de ce qu’elle prélève et les autres communes ne sont pauvres que de ce qu’elles ne prélèvent pas.
  •  Agir pour une rénovation de l’habitat à un haut niveau qualitatif.
  •  Agir pour un maintien des services publics et associatifs accessibles au plus grand nombre.

Voilà, ma réponse est un peu longue, j’en conviens. Elle n’est nullement un manifeste de candidature à quoi que ce soit, bien que forcément assez politique. Elle traduit juste ma volonté de vous donner quelques clés d’information et de compréhension sur l’état de notre ville. Vous ne serez peut être pas d’accord avec son contenu mais quoi qu’il en soit, je comprends et soutiens votre démarche en souhaitant que vous trouviez une force collective durable indispensable à la réussite de votre démarche visant à faire vivre Pau et ses commerces.

Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

André DUCHATEAU

Conseiller Départemental de Pau 1

Conseiller municipal de Pau

A lire également dans la presse locale :

-©- La république du 19/09/2017 : "Foiral - Carnot - République : La conquête de l’espace" Page 8 et page 9

-©- Sud Ouest du 19/09/2017 : "Le Foiral nouveau annoncé pour 2022" page 20